Après une nuit courte à Santa Marta, je pars pour Taganga avec quelqu'uns de l'auberge. Je décide de prendre mon sac et de m'installer là bas plutôt que dans la grande ville.
Taganga est un charmant village de pêcheur entouré de montagne de la sierra nevada foret sèches typiques de cette région. Tout semble mort ou brûlé mais pas du tout.
Journée partagée avec Khaled , Luna sur la plage à refaire le monde, récupérer des graines et faire un peu d'artisanat...
Les déchets sont un réel problème ici! Partout on peut en voir en grande quantité.
Ça me fait mal au cœur de voir le peu de respect pour l'environnement...
Le lendemain je passe m'a journée à me renseigner sur ce que les communautés appellent le coeur du monde je discute avec un kogis qui m'explique que pour eux il existe
Une ligne imaginaire , la ligne noire qui encercle santa Marta , la sierra nevada , parc Tayrona... Ils sont de plus en plus fermés aux autres car pour eux les gens ne respectent pas les sentiers , terrains sacrés... Et ils se replient de plus en plus dans leurs villages et ne donnent pas ou presque pas d'autorisation pour leurs rendre visite. Le parc Tayrona était protégé et maintenant qu'ils l'ont ouvert aux touristes il perd son énergie. Il m'explique qu'avant sur la côte il y avait plusieurs points à hautes energies sur la ligne noire pour faire des rituels et offrandes pour la mère nature dont sont coeur est dans la ligne noire.
Aujourd'hui son coeur est triste et va mal.les gens ne respectent pas la nature et pour eux elle essaie de faire passer des messages pour que l'humanité entende qu'il faut retrouver son équilibre, prendre soin de la nature de son environnement comme de soi même et des gens autour de nous , de tous les êtres vivants.
Eux ils essayent de garder le peu d'équilibre mais il me dit que pour eux la mère nature va envoyer des messages de plus plus en plus fort pour qu'on se réveille. Il me dit que si je veux respecter le lieu je dois demander la permission avant de rentrer dans l'eau ou marcher sur les sentiers sacrés.
Effectivement quand je me connecte ... C'est plutôt fermé !
Il est là pour vendre quelques sacs de sa communauté pour ramener quelques courses. Quasi 2 jours de trajet. Il me dit que normalement il parle pas avec les gens car ça le fatigue de pas se sentir écouté, et que les gens le prennent en photos ou viennent lui parler pour la gloire. Il ne veut pas se sentir comme une bête de foire!
Mais à priori il me dit que mon énergie lui plaît bien. Il me questionne beaucoup sur ma pratique. On passe une bonne partie de l'après midi à parler.
Le soir je retrouve Oscar et Javier (accompagnateurs plongée de mon hôtel ) deux etres sensibles à l'écoute, après leur avoir raconté ma discussion. Oscar me prête un livre de recueil sur les savoirs et pensées indigènes. Je prend grand soin de ce livre et m'y plonge Dedans !
Le lendemain je décolle vers 5h30 avec mon thermos de café pour le partager avec les pêcheurs. Finalement après plusieurs explications je propose mes bras et me voilà entrain de tirer les filets etpecher avec eux. Luna me rejoint un peu après,son père étant pêcheur en Italie elle a envie de découvrir leur méthode. On restera jusqu'à 14h30 avec eux. À plonger pour observer quand le poisson entre dans le filet, à tirer le filet normalement il le font à 8 mais comme c'est une période où il y a moins de poisson ils sont que 4 alors ils apprécient notre aide! Puis trier les poissons, demeeler le filet le remettre dans le bateau aller le réinstaller en forme de L sur le bord de la plage, retourner observer dans le filet pour voir si ils entrent... Cuisiner les poissons sur la plage, écailler , et faire un voyage de poisson en partant jusqu'au village. Ils attaquent vers 5h30, et rentrent vers 17h. Ils sont 168 pêcheurs pour 11 lieux de pêche. Ils ont une coopérative et font à tour de rôle . Aujourd'hui Pocho était le pêcheur sélectionné pour cette plage. Mais ceux qui viennent aussi l'aider sont aussi en attente d'un tour de pêche et du coup ils les payent en poisson.
Ils sont d'une gentillesse incroyable ! Ils nous invitent à partir avec eux deux jours en fin de semaine à la pêche sur une petit île caillouteuse où il pêche au filet avec la même méthode et aussi à la ligne. Ils dorment dans des hamacs et se font une cabanne avec une bache pour se protéger un peu du soleil.
Le lendemain journée à Ciénaga Grande.
D'une superficie de prés de 750 km²,cette écosystème particulier est un mélange d'eau de mer , de l'eau fraiche descendant de la sierra nevada et de l'eau arrivant par canneaux du fleuve Magdalena qui traverse tout le pays et fini sa course ici.
La mangrove héberge une diversité incroyable d'oiseaux (199 natifs et plus de 500migrateurs), caïman , loutre , Lamentin, singe hurleur, fourmilier, tortue, iguanes...
Et deux village sur pilotis
Les Pueblos Palafitos de buena vista y nueva Venecia hébergent des communautés vivants de la pêche et depuis peu d'un peu de tourisme .
La profondeur est de quelques centimètres à 2 m.
On observe les pêcheurs du coin qui pêche le crabe , quelques crevettes et bien sur différents poissons. Ils démarquent leur zone de pêche avec des piquet plnaté dans l'eau , ou leur filet ou bien nagé pour les crabes...
Chacun se respecte ici et partage la pêche et les zones.
En plus de la méthode traditionnelle de lancer de "l'attaraya" ( l'épervier) , j'ai découvert la technique appelée « bolicheo », qui demande beaucoup de travail d'équipe. Elle consiste à disposer un filet géant autour du canot et à attendre l'arrivée d'un banc de poissons. Lorsqu'ils sont déjà tombés dans le piège, une personne se charge de ramer pour que le bateau tourne en rond, une autre frappe l'eau avec un bâton pour étourdir les poissons et une autre frappe le bois du canoë, qui émet un son particulier qui contribue à les attirer encore plus.
On continue notre longue traversée environ 40km avant d'arriver à Buenavista et un peu plus loin Nueva Venecia. Ces village sont magnifiques ! On parle d'une communauté amphibie. Effectivement ils vivent sur l'eau les rues c'est l'eau, les maisons sont sur l'eau , leur mini jardin sont sur l'eau ils n'ont pas des poulaillers mais des mini piscicultures, les trotinettes vélo , voitures, camions, bus scolaires, ambulance , camion poubelle... Tous sont des canoës! Ici les enfants se déplacent d'une maison à l'autre dans leur canoë , ils sont tout petit et déjà se déplace avec une agilité incroyable debout dans leur canoë pour aller chercher les copains aller chez la grand mere, à l'ecole...il y a une ecole'dans chaque village et un collège à Nueva Venecia depysi quelques années. Un bus/canoë scolaire a été mis en place pour récupérer les enfants. L'illettrisme touchait particulièrement ces villages. Aujourd'hui il a bien diminué.
Les initiatives ne manquent pas dans ce village qui a reçu un prisx de l'état pour la gestion des déchets ! Et c'est rare ici qu'ils y fassent attention. Ils récoltent et tri tous leur déchets et nettoie la ciénaga. Ils stockent et ramène tout en ville. Depuis peu même les eaux usée sont traitées avant d'être rejeté dans la ciénaga. Avant tout partait directement dans l'eau. Un trou dans le plancher pour faire office de Wc... Aujourd'hui un bateau avec des cuves de filtrations passent régulièrement traiter les eaux usées récupéréedes maisons.
Les fêtes de village rassemblement et autres se font devant la seule église du village. Une église où il y a une messe seulement une fois par an le 16 juillet pour la vierge Carmen , vierge de pécheurs. ce jour là tout le monde décore son canoe. C'est le jour où sont célèbrés les baptêmes, premières communions, mariages...
Hormis ce grand jour de fête ils se rassemblent régulièrement pour danser faire la fête que ce soit au Billard, sur le terrain de foot ... Et oui seul endroit où il y a un grand sol un terrain de foot. Construit sur un plancher , recouvert de sable venant de la côte de la rivière je vous laisse imaginer le travail !
On s'arrête un moment discuter à l'épicerie du coin qui est ravitaillé à chaque fois que les pêcheurs rassemblé en coopérative vont vendre le poisson à 4h de transport d'ici , à Barranquilla. Ont discuté aussi avec un artisan du coin qui reproduit de canoë pour les touristes mais et aussi menuisier pour les constructions
Les gens sont d'une gentillesse incroyable. Ça me donne envie de me poser là mais il faut que je me marie avec un pêcheur pour pouvoir avoir une maison ici!
Il y aurait tant à dire sur ces villages qui s e satisfont d'un rien, d'une électricité aléatoire, d'un besoin de remplir constamment les cuves d'eau... Mais qui vivent heureux maintenant malgré les souvenirs de tueries aléatoires.
Les villes sur pilotis existent depuis l’époque précolombienne. Auparavant, il y en avait trois : Bocas de Aracataca, Nueva Venecia et la colorée Buenavista, qui est la plus petite de la Ciénaga Grande.
Cependant, en 2000, ils ont été victimes du conflit armé aux mains des paramilitaires. Le premier massacre a eu lieu en février à Bocas de Aracataca et des mois plus tard, en novembre, Nueva Venecia et Buenavista ont également été attaquées.
"Il y a eu un exode massif de ces villes vers le continent et, malheureusement, Bocas de Aracataca a disparu à 95 %. Ces habitants ont été confrontés au choix de rester dans les grandes villes et de mendier, ou de revenir et de courir le risque d'être à nouveau attaqués, et ils ont décidé de faire la seconde solution "
Les deux autres villes sur pilotis refusent de disparaître. Nueva Venecia compte environ 2 800 habitants, tandis que Buenavista en compte environ 700.
Ils ont une capacité de résilience et une détermination à aller de l'avant incroyable.
Je reste songeuse pendant qu'on rentre à Ciénaga. Et l'heure où on tombe en panne d'essence au milieu d'une immense étendue d'eau et propice à la.meditation pour intégrer cette incroyable journée. Le chauffeur galère à expliquer où on est avant qu'ils arrivent à nous trouver enfin.